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Anthropic, l’introduction en Bourse de l'année qui divise Wall Street et inquiète l'humanité

La société mère de l'IA Claude a déposé lundi son projet d'introduction en Bourse avec un revenu en hausse de 1 300 % sur un semestre, révélant une croissance explosive, mais aussi 93 pages de risques, dont celui, littéral, d'une catastrophe existentielle. Un paradoxe assumé qui fait trembler les marchés boursiers.

Anthropic, l’introduction en Bourse de l'année qui divise Wall Street et inquiète l'humanité

Anthropic, la société à l'origine de l'assistant intelligent Claude, a officiellement déposé lundi auprès de la Commission américaine des valeurs mobilières (SEC) son dossier d'introduction en Bourse. L'opération, attendue comme l'une des plus importantes de l'histoire technologique récente, a déjà provoqué un séisme sur les marchés mondiaux.

Une croissance vertigineuse, des pertes assumées

Le chiffre impressionne. Le revenu d'Anthropic a bondi d'environ 1 300 % sur le premier semestre par rapport à l'an dernier. Une trajectoire rarissime pour une entreprise fondée il y a seulement cinq ans, portée par l'adoption massive de l'IA générative par les entreprises comme par le grand public.

Mais le dossier révèle aussi l'envers du décor avec des dépenses capitalistiques colossales à venir.

Selon les propos de David Morrison, analyste chez Trade Nation, rapportés par l’AFP, le potentiel IPO record de cette entreprise âgée de seulement cinq ans a restauré la confiance des investisseurs après des semaines de doutes sur la rentabilité réelle de la filière IA.

Wall Street en ébullition

L'effet a été immédiat. Mardi, le Nasdaq a gagné plus de 1 %, entraîné par les valeurs de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs. Broadcom a bondi de 4 % après l'annonce d'un montage financier de 63 milliards de dollars, conclu avec Citi, Blackstone et Morgan Stanley, destiné à financer de nouvelles capacités de calcul pour Anthropic.

La fièvre s'est propagée jusqu'en Asie. À Séoul, le Kospi a brièvement grimpé de plus de 4 %, porté par les géants des puces SK Hynix et Samsung, tous deux attendus cette semaine sur leurs résultats trimestriels, tout comme Microsoft, Alphabet et Amazon côté américain. La décision de la Réserve fédérale, attendue ce mercredi, ajoutera une dernière pièce au puzzle d'une semaine décisive pour la tech.

93 pages de risques

Le détail le plus fascinant du dossier se trouve dans sa section « facteurs de risques ».   93 pages sur 335, contre 38 pour SpaceX. Anthropic y évoque noir sur blanc la possibilité que ses modèles, « s'ils sont mal utilisés, répliqués, armés ou laissés en autonomie élevée », posent des « risques catastrophiques ou existentiels pour l'humanité ».

L'entreprise assure avoir bloqué en septembre des tentatives d'utiliser ses modèles pour des cyberattaques, de la surveillance ou des recherches pouvant mener à des armes biologiques. « Construire l'IA, c'est dompter la cognition elle-même », écrivent ses fondateurs dans leur lettre aux actionnaires, en se présentant précisément comme l'acteur le plus « sûr » du secteur.

 

L'IPO d'Anthropic s'annonce donc comme un test grandeur nature. Le marché dira si l'IA peut transformer son immense promesse en profits durables. Un échec d'accueil pourrait refroidir tout l'écosystème, alors que les investisseurs commençaient justement à s'interroger sur les sommes gigantesques englouties dans la course à l'intelligence artificielle générale.

 

 

IPO est l'abréviation de l'anglais « Initial Public Offering », qu'on traduit en français par introduction en Bourse (ou « offre publique initiale »).

SEC : Securities and Exchange Commission en français Commission américaine des valeurs mobilières. C'est l'autorité de régulation des marchés financiers américains, créée en 1934 après le krach de 1929.

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