À l'issue d'un examen psychiatrique réalisé samedi soir, la garde à vue de Kévin T., 39 ans, auteur présumé de l'attaque « terroriste » du sud-ouest de Paris, a été levée et l'intéressé transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris pour une période d'observation de 48 heures, destinée à déterminer si son état permet de poursuivre ses auditions. L'analyse toxicologique a par ailleurs révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang au moment des faits.
Pour rappel, vendredi dernier vers 10 h, Kévin T. a tiré en rafale depuis sa Clio sur six sites des communes de Trappes et de La Verrière, tuant Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessant cinq personnes, parmi lesquelles une fillette de 12 ans touchée par huit balles dont l’état, d'abord critique, serait en voie de stabilisation.
Interpellé à Coignières en moins d'un quart d'heure par la brigade anticriminalité, le suspect aurait déclaré avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration. Inconnu des services de renseignement, il avait pourtant quatre condamnations à son casier. L’appartement du suspect, perquisitionné, était piégé avec des bouteilles de gaz reliées à un minuteur ; un pistolet-mitrailleur type Sten a été saisi dans son véhicule, et un exemplaire du « Mein Kampf » découvert à son domicile, aux côtés d'une Bible et d'un Coran.
En garde à vue depuis son arrestation, le suspect a été transféré en psychiatrie, a annoncé le parquet national antiterroriste dimanche matin. Alors que des informations rapportées par LCI et Le Parisien annonçaient Kévin T. sous traitement pour schizophrénie, cette maladie qui altère la perception du réel.
Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille de la victime, s'étonne d'une décision « très rare en pratique » et dénonce une « récurrence préoccupante ». « Lorsque l'attentat émane de l'extrême droite, la question psychiatrique s'impose très vite, l'auteur serait "forcément un déséquilibré" ». Il réclame une « symétrie » avec les mêmes expertises et mêmes délais, quel que soit le profil idéologique du mis en cause, citant le précédent de l'assassinat d'Aboubakar Cissé à La Grand-Combe.
Les gardes à vue de quatre proches du tireur, dont sa mère et son père, ont été maintenues, alors que l'examen des motivations raciales de l'attentat, qualifié de « terroriste raciste » par Emmanuel Macron, se poursuit.
Samedi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Trappes en hommage à la victime, sous les slogans « Nous ne sommes pas des cibles » et « Trappes réclame justice », en présence d'élus et du comité Adama.