Dès ce lundi matin, les félicitations internationales ont afflué vers le Brésil. La Chine s'est dite « prête » à poursuivre sa coopération avec le Brésil, tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué une victoire de « la démocratie et du multilatéralisme ».
Mais la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva, proclamée dimanche soir par le Tribunal supérieur électoral (TSE), reste sous tension. Son rival, le sénateur conservateur Flavio Bolsonaro, a annoncé qu'il demanderait « l'annulation des élections », dénonçant la prolongation du vote de deux heures ordonnée par un juge de la Cour suprême.
Une remontée historique
Avec 51,79 % des suffrages valides, soit environ 64,2 millions de voix contre 48,21 % soit 59,8 millions pour Flavio Bolsonaro, le président sortant de gauche a réalisé un retournement inédit depuis la fin de la dictature militaire. Jamais un candidat arrivé deuxième au premier tour n'avait remporté la présidence. Le 4 octobre, le fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro l'avait pourtant devancé de 47,03 % contre 45,16 %.
L'écart final d'environ 4,4 millions de voix dépasse celui de 2022. L'abstention a reculé à 19,21 %, contre 21,08 % au premier tour, portée par une mobilisation massive de la jeunesse en faveur de la démocratie.
La journée électorale a été marquée par une décision exceptionnelle. Après des « incidents » de transport d'électeurs signalés dans plusieurs régions, le vote a été prolongé jusqu'à 19 heures, à la demande de la campagne Lula, une première depuis la démocratisation. L'annonce a alimenté la colère du camp Bolsonaro, même si plusieurs analystes jugent une annulation peu probable, la victoire étant jugée trop nette.
Les défis du nouveau mandat
À bientôt 81 ans, Lula entre dans un quatrième mandat non consécutif, il totalisera 16 ans au pouvoir à l'horizon 2030, avec une investiture prévue le 5 janvier 2027. Le vétéran de la gauche latino-américaine devra composer avec un Parlement ancré à droite, des finances publiques dégradées, l'insécurité, première préoccupation des Brésiliens, et les tensions commerciales avec l'administration Trump.
Le Brésil demeure ainsi, avec le Mexique, l'un des derniers bastions progressistes d'une région largement basculée à droite.