Selon la directive N°003-26/UP-R/HDP, l’UP le Renouveau désignera dans les communes où il est majoritaire : le maire, le premier et le troisième adjoint, ainsi que trois des quatre présidents de commissions. Le BR, parti minoritaire, aura le deuxième adjoint et un président de commission. Dans les arrondissements, le chef sera proposé par le parti majoritaire local, sauf accord particulier entre les deux partis. L’accord a pour objectif annoncé de favoriser le dialogue, le consensus et la stabilité locale pour les sept prochaines années.
Le Code électoral, lui, prévoit dans ses articles 189 à 190 que le maire et ses adjoints doivent être désignés par le parti ayant obtenu la majorité absolue des conseillers. L’accord de gouvernance n’est prévu que si aucun parti ne détient cette majorité. En pratique, plusieurs communes offrent à l’UPR cette majorité absolue. Dans ces cas, la loi permet au parti majoritaire de nommer seul ses élus sans partage.
Pourtant, l’accord UPR–BR impose une cohabitation et fixe la répartition des postes avant l’installation des conseils communaux. Cette démarche limite la liberté de vote des conseillers et contourne partiellement le principe de majorité absolue. Selon un expert en droit électoral : « L’accord respecte la forme légale en étant notifié à l’autorité de tutelle, mais il dépasse l’esprit de la loi dans les communes où un parti détient la majorité absolue. »
Pour les citoyens, cette pratique peut apparaître comme un verrouillage du pouvoir, où la majorité réelle des conseillers est encadrée par un partage politique imposé. La question demeure : la cohabitation sert-elle réellement la stabilité locale ou affaiblit-elle la logique démocratique prévue par le Code électoral ?
L’accord UPR–BR soulève ainsi un débat entre stabilité politique et respect des règles démocratiques, mettant en lumière la tension entre loi et pratique politique au niveau des communes béninoises.