POLITIQUE

Grève du 5 novembre : Lecornu face à la pression syndicale convoque une « conférence sociale » lundi

Au terme d'une journée de mobilisation massive pour les salaires et le pouvoir d'achat avec entre 575 000 et 1,6 million de manifestants selon les comptages, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la tenue lundi à Matignon d'une « conférence sociale » avec les syndicats et le patronat, alors que la jeunesse promet un nouvel acte samedi.

Grève du 5 novembre : Lecornu face à la pression syndicale convoque une « conférence sociale » lundi

C'est l'information qui clôt la journée. Alors que les cortèges se dispersaient jeudi soir, Matignon a annoncé que Sébastien Lecornu réunira lundi les organisations syndicales et patronales pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaires », tout en demandant au ministre du Travail de « finaliser d'ici dimanche » ses concertations.

La France a vécu jeudi sa plus grosse journée de l'automne social. Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 575 000 manifestants dans 193 cortèges, dont 65 000 à Paris, tandis que la CGT en revendique « près de 1,6 million », dont 350 000 dans la capitale. Les cortèges ont réuni salariés, fonctionnaires, retraités, lycéens et étudiants, dans une ambiance globalement bon enfant et sans heurts majeurs. En matinée, la CGT recensait déjà plus de 250 000 manifestants dans 73 villes, la secrétaire générale Sophie Binet estimant qu'un « nouveau cap » avait été franchi.

À 18 heures, le bilan provisoire de Place Beauvau faisait état de 448 interpellations, 53 policiers et gendarmes blessés et 86 interventions pour incendies, après des heurts à Rennes, Nantes, Lyon, Bordeaux ou encore Marseille impliquant des « groupes à risque ». Côté grève, près de 10 % des agents de la fonction publique d'État, 4,6 % en territoriale et 3,9 % à l'hôpital ; plus d'un cheminot sur trois à la SNCF ; 15,8 % d'enseignants grévistes selon le ministère, contre 52 % selon le Snes-FSU, qui a recensé près d'un millier de lycées bloqués ou fermés. Tour Eiffel et Arc de Triomphe sont restés fermés, et 1 TGV sur 10 a été supprimé.

Cette mobilisation intervient dans un automne social incandescent, déclenché par les lycéens à la rentrée des vacances de la Toussaint et alimenté par l'envolée du coût de la vie et un projet de budget d'austérité, dont la première partie a été rejetée mercredi par les députés. Les restrictions du droit de manifester dans plusieurs grandes villes ont nourri une contestation supplémentaire, avec des recours déposés devant le Conseil d'État.

Rien n'indique que la colère retombera. L’UNEF et les gilets jaunes appellent à un « Acte IV » samedi 7 novembre place de la Concorde, et des syndicats européens ont lancé un appel commun à des manifestations coordonnées les 20, 21 et 22 novembre contre la vie chère.

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