La transhumance. À la veille des élections, ce phénomène révèle encore une fois ses effets néfastes sur la stabilité des institutions locales. Être élu dans un conseil communal n’est pas un privilège personnel, mais un mandat de représentation. Ces élus sont arrivés à leur poste grâce à une bannière politique précise. Changer de parti en cours de mandat tout en voulant conserver ses fonctions équivaut à trahir la confiance des électeurs qui ont voté pour une vision, un programme et un sigle.
Dans un tel contexte, la responsabilité exige que, lorsqu’un élu décide de quitter le parti qui l’a porté au pouvoir, il accepte en toute dignité de céder sa place à un autre militant de la même formation, prêt à poursuivre la mission dans la cohérence et la loyauté.
L’attitude de certains conseillers communaux interroge sur leur conception du service public local. Peut-on véritablement parler de fidélité aux idéaux collectifs lorsqu’on change d’appartenance politique au gré des intérêts personnels ? Cette pratique affaiblit non seulement la crédibilité des élus, mais aussi la confiance des citoyens dans leurs institutions.
À l’approche des prochaines échéances électorales, les élus doivent se rappeler que la responsabilité politique suppose constance, loyauté et respect de la parole donnée. La démocratie béninoise ne peut se renforcer que si les acteurs locaux acceptent de mettre fin aux pratiques de transhumance qui fragilisent la gouvernance et compromettent la stabilité des conseils communaux.
En définitive, il est temps que chaque élu prenne conscience qu’au-delà de son ambition personnelle, il est dépositaire d’un mandat collectif. La cohérence et la fidélité à son parti sont des gages de responsabilité et de respect des électeurs.